
Projet d’art public, Réseau Accès Culture et la Ville de Montréal, 2019
Artistes : Deann C. Louise Nardo, Felikinesis (Feliz Tupe), Kama La Mackerel, Kamissa Ma Koïta et Odaya.
Au cours de mes nombreuses déambulations dans les rues, ruelles et parcs de Tiohtià:ke/Mooniyaang, Montréal, je pense souvent aux histoires et à la mémoire collective qui sont reliées aux structures – briques, escaliers, murs, etc. – qui définissent cette ville. Quels sont les récits ignorés derrière ces briques et cette poussière ? Qu’ont-ils à nous dire ? Et si l’on prenait le temps de les écouter ? Le projet Nous ne sommes pas faits de briques et de poussière donne la parole à des artistes racisé.es et autochtones, membres de la communauté 2SLGBTQIA+ montréalaise qui honorent des histoires et des lieux oubliés, effacés ou invisibilisés de leurs communautés au cœur de quatre quartiers montréalais. Ces souvenirs, explorés en collaboration avec des groupes, organismes et citoyen.nes, ont été collectés dans un esprit d’écoute, de partage, d’apprentissage et d’autonomisation (empowerment).
Les quatre quartiers où les projets prennent vie – Verdun, Petite-Bourgogne, Parc-Extension et Côte-des-Neiges – présentent tous des géographies spatiale, sociale et émotionnelle très différentes, mais une caractéristique particulière les réunit tous : des frontières visibles et invisibles. Ce qui a été présenté vers la fin des années 1960 comme un « effort de modernisation » de la ville de Montréal sous le maire Jean Drapeau s’est aujourd’hui transformé en un mouvement général d’embourgeoisement qui affecte particulièrement les populations marginalisées de ces quartiers. Nous pouvons penser par exemple à l’autoroute Ville-Marie, au boulevard Décarie ou encore à l’autoroute 40 qui, en tant qu’imposantes frontières visibles, divisent plusieurs de ces quartiers, créant des frontières invisibles entre les diasporas et un accès plus difficile aux ressources essentielles – alimentation, transport, centres communautaires, etc. Ce sont des réalités multiples et des questionnements que les artistes de ce projet ont abordés tout au long de l’été 2019 sous la forme de performances et d’installations multidisciplinaires. Le public a été invité à participer à l’expérience et à s’immerger dans des paysages sonores et sensoriels.
Les espaces publics sont des « sites de négociation continuelle, de résistance considérable et de transgression sociale ». Des citoyen.nes de plusieurs générations de ces diasporas tentent de protéger la mémoire vivante et fluide de leurs quartiers. C’est une mémoire résiliente qui s’active à préserver des lieux de rassemblement, ainsi que la souveraineté des corps et des esprits de ces communautés. Nous ne sommes pas faits de briques et de poussière est un projet en constant mouvement, conviant les montréalais.es à repenser leurs expériences et leurs connexions corporelles avec les espaces urbains.
- Kathleen Lord (2005). « Permeable Boundaries: Negotiation, Resistance, and Transgression of Street Space in Saint-Henri, Quebec, 1875-1905 », Urban History Review/Revue d’histoire urbaine, vol. 33 ( 2), 17–29.
Felikinesis et Deann Louise C. Nardo
Nandito tayo / We are here / Nous sommes ici
2 juillet au 10 août 2019
Crédit photos : Jean-Michael Seminaro
Les artistes Pilipinx Felikinesis et Deann Louise C. Nardo se sont associés à l’organisme PINAY afin d’élaborer un projet qui s’inscrit dans la mémoire collective et la résilience de la grande communauté philippinaise du quartier montréalais Côte-des-Neiges. PINAY est un organisme à but non lucratif fondé en 1991 qui lutte pour les droits et le bien-être des femmes immigrantes originaires des Philippines, et plus particulièrement pour l’amélioration des conditions de vie des travailleuses domestiques et de leurs familles (http://pinayquebec.org). C’est dans l’optique d’offrir un espace où la communauté peut discuter et partager confortablement ses expériences et ses sentiments que Deann et Felikinesis ont proposé d’aller à la rencontre d’une dizaine de membres qui fréquentent cet organisme. Explorant l’impact de la migration, du travail domestique invisible et des frontières visibles dans la vie quotidienne de ces femmes de différentes générations, cette démarche participative réfléchit sur les mouvements et les transformations du « chez soi ».
Le tandem d’artistes a collecté de façon audio les paroles de ces personnes, lesquelles ont été par la suite juxtaposées à des enregistrements sonores du quartier. De plus, Deann et Felikinesis ont représentés les portraits des participantes à l’aide du dessin et de la sérigraphie. Par la suite, le public a été invité à s’engager intimement dans un paysage sonore et visuel qui honore les histoires de ces individus lorsque les artistes ont présentés leurs créations dans le parc Mackenzie-King le 14 juillet 2019, où la fête communautaire Pista sa Nayon est organisée annuellement par l’organisme du quartier Filipino Association of Montreal and Suburbs Inc. (FAMAS). Nous retrouvons aussi dans ce parc un buste de bronze en l’honneur du Dr José Rizal, figure importante du mouvement d’indépendance des Philippines.
Kamissa Ma Koïta
Projet Burgundy
27 juin au 4 août 2019
Crédit photos : Jean-Michael Seminaro et Camille Larivée
L’artiste multidisciplinaire afro-descendant d’origine malienne Kamissa Ma Koïta propose de revisiter l’histoire des communautés Noires du quartier de la Petite-Bourgogne sous un angle décolonial. Dès la fin du 19e siècle, cette population s’installe dans le secteur en raison, notamment, de la proximité des ateliers de construction du Canadien Pacifique, où travaillent une majorité de ses membres. La revitalisation urbaine du quartier entreprise par la Ville de Montréal au cours des années 1960 force la dispersion et l’isolement de milliers de familles. Aujourd’hui encore, la Petite-Bourgogne est engagée dans un processus d’embourgeoisement, phénomène qui accroît les frontières visibles entre les communautés Noires et l’espace urbain.
Projet Burgundy axe la réflexion sur les histoires effacées et invisibilisées des corps et des identités Noires. Kamissa invite les membres de ces communautés à déambuler avec lui dans les espaces publics du quartier. Ces déplacements collectifs ont été l’occasion de bâtir de nouvelles relations tout en offrant une expérience corporelle et affective de l’espace public qui favorise un questionnement sur l’urbanisme actuel. À partir de recherches d’archives et de documentation sur l’histoire des communautés Noires de la Petite-Bourgogne ainsi que des discussions menées avec les participant.e.s, l’artiste a réalisé une carte psycho-géographique qui a été installée au Square D’Iberville, un parc à connotation symbolique pour les résident.e.s du quartier. Avec cette carte, il s’agit d’entreprendre un travail de reconnaissance des changements géographiques et sociaux du quartier ; l’exercice porte également sur sa toponymie en mettant en valeur la représentativité et la contribution culturelle des communautés Noires dans l’histoire de la Petite-Bourgogne. Projet Burgundy unit donc les voix de citoyen.nes dont nous entendons trop peu souvent les paroles et reconnaissons leur force et leurs résilience.
ODAYA
Série de performances
2 juillet et 7 juillet 2019
Crédits photo : Jean-Michael Seminaro
Basé à Montréal, le collectif d’artistes et musiciennes femmes, non-binaire et Deux-Esprits autochtones ODAYA est reconnu pour ses concerts et ses performances qui célèbrent la richesse des cultures autochtones sur l’Île de la Tortue (ce qu’on appelle le Canada). Le nom odaya provient du mot odemin, qui signifie « fraise » en langue anishinaabemowin et qui se traduit par « le fruit du cœur » en raison de la forme de ce fruit lorsqu’il est coupé en deux parties. C’est donc l’amour et la sororité partagés entre femmes autochtones et personnes non binaires et Deux-Esprits qui sont au cœur du travail performatif de ce groupe. Participant à des activités et à des manifestations qui sensibilisent le public aux droits des Premières Nations, ODAYA réclame des espaces décoloniaux pour ces communautés invisibilisées. C’est dans cet esprit de réappropriation et de réclamation des espaces autochtones urbains effacés par le colonialisme que ce collectif a réalisé deux performances dans l’arrondissement de Verdun.
Territoire historique important pour les communautés autochtones en ce qui a trait à la pratique ancestrale du commerce — laquelle repose sur l’importance de créer, de maintenir et de célébrer les relations entre nations —, Verdun accueille aujourd’hui une partie de la population Autochtone, Métis et Inuit montréalaise. Entouré d’eau par le canal Lachine et le fleuve Saint-Laurent, ce quartier évolue au rythme des histoires et de la mémoire mouvante de cet élément. Abordant dans ses performances les sujets de la souveraineté des corps autochtones et des territoires non-cédés, ODAYA engage le public dans des actes de décolonisation et l’invite à se rassembler, à connecter et à repenser ses liens aux autres. En partageant des chansons et des savoirs traditionnels autochtones, ODAYA poursuit le travail intergénérationnel d’activation des mémoires vivantes des communautés autochtones de l’ÎLe de la Tortue.
Kama La Mackerel
Parc-Extension: A cartography of feelings / Parc-Extension : Une cartographie affective
25 juillet au 1er août 2019
Crédit photos : Jean-Michael Seminaro
L’artiste pluridisciplinaire Kama La Mackerel, résident.e du quartier Parc-Extension, a invité les citoyen.nes du quartier à explorer les réalités physiques, affectives et sociales de l’embourgeoisement avec le projet Parc Extension : Une cartographie affective / Parc Extension: A cartography of feelings. Situé aux abords du nouveau MIL de l’Université de Montréal, ce quartier multiculturel est au prise actuellement avec une pénurie de logements abordables et « il est aussi l’un des plus “pauvres” au Québec. (…) Près de 1000 ménages dans Parc-Ex sont en attente de logement sur la liste de l’OMHM.”>>. Cette dure réalité force l’expulsion de nombreux résident.es du quartier, particulièrement les familles les plus vulnérables qui subissent le racisme et les conséquences du capitalisme. La notion du “chez soi” correspond donc dans ces cas à un espace qu’il faut protéger, ce qui engendre un sentiment général d’impuissance, mais qui renforce par le fait même des actions de résistance et de solidarité parmi la population du quartier. Celle-ci peut aussi compter sur l’appui de plusieurs organismes communautaires qui se battent pour le droit aux logements abordables.
Parc Extension : Une cartographie affective s’est déployé au cours d’une série d’ateliers animés par Kama La Mackerel qui a donné la parole aux citoyen.nes du quartier afin de faciliter le partage d’histoires et de témoignages. Les participant.es ont été invité.es à puiser dans leur vécu et leurs souvenirs en repensant à leurs connexions affectives avec les espaces publics de leur quartier. Un open mic /micro ouvert intitulé Parc-Extension & Nous : Open mic contre la gentrification a pris place pendant un après-midi à la Place de la Gare Jean-Talon lors d’un rassemblement communautaire où les participant.es des ateliers et la communauté ont eu l’occasion de partager leur poésie et spoken word. Cette oeuvre collective en mouvement a permis de nouveaux échanges sur l’histoire de résistance communautaire actuelle du quartier Parc-Extension.
We Are Not Made of Bricks and Dust
Public art project, Réseau Accès Culture and the City of Montreal, 2019
Artists: Deann C. Louise Nardo, Felikinesis (Feliz Tupe), Kama La Mackerel, Kamissa Ma Koïta, and Odaya.
During the many times I have strolled along the streets, alleys and the parks of Tiohtià:ke/Mooniyaang/Montreal, I often think of the stories and collective memory that are connected to the buildings—bricks, staircases, walls, etc.—that define this city. What unknown tales hide behind these bricks and dust? What can they tell us? What if we took the time to listen to them? At the heart of four Montreal neighbourhoods, We Are Not Made of Bricks and Dust gives voice to Indigenous, Black, People of Color, and 2SLGBTQIA+ Montrealers who honour the stories and places of communities that have been forgotten, erased and/or made invisible. These memories—explored in collaboration with groups, organizations and citizens—have been collected in a spirit of listening, sharing, learning and empowerment.
The four neighbourhoods that hosted these creations—Verdun, Petite-Bourgogne, Parc-Extension, and Côte-des-Neiges — each present a very different spatial, social and emotional geography. But one particular characteristic unifies all of them: visible and invisible borders. What in the late 1960s was considered as “modernization” of the city, has now been transformed into a general gentrification movement, which particularly affects marginalized population groups in these neighbourhoods. Think, for example, of the Ville-Marie highway, Décarie Boulevard, and the highway 40 (Metropolitain), which, as imposing visible barriers, divide many neighbourhoods and create invisible borders between diasporas, making access to essential resources—food, transportation, communities gatherings, etc.—more difficult. These are multiple realities and questions that the artists addressed throughout the summer 2019 in the form of multidisciplinary installations and performances. The public has been invited to participate in these experiences and immerse itself in sensory and audio landscapes.
Public spaces are “sites of continual negotiation, significant resistance and social transgression.” Citizens of many generations of these diasporas try to protect the living and fluid memory of their neighbourhoods. This memory resist; it seeks to preserve gatherings’ places and the sovereignty of bodies and spirits of these communities. We Are Not Made of Bricks and Dust was a constantly moving project, calling upon Montrealers to rethink their experiences and corporal connections with urban spaces.
Kathleen Lord (2005). “Permeable Boundaries: Negotiation, Resistance, and Transgression of Street Space in Saint-Henri, Quebec, 1875-1905”, Urban History Review/Revue d’histoire urbaine, vol. 33 ( 2), 17–29.
Felikinesis and Deann Louise C. Nardo
Nandito tayo / We are here / Nous sommes ici
July 7 to August 10, 2019
Photos credit: Jean-Michael Seminaro
Filipinx’s artists Felikinesis (Feliz Tupe) and Deann Louise C. Nardo have collaborated with the PINAY organization to develop a project that is based on the collective memory and resilience of the large Filipino community in the Côte-des-Neiges’ neighbourhood. PINAY is a not-for-profit organization founded in 1991. It fights for the rights and well-being of women who immigrated from the Philippines, in particular for the improving of living conditions of domestic workers and their families (http://pinayquebec.org). With a view to providing a space where the community can comfortably discuss and share its experiences and feelings, Deann and Felikinesis met with about a dozen active members of this organization. They explored the impact of migration, invisible domestic work, and the visible borders between the daily life of these women of various generations. This participative effort reflected on the movements and transformations of their homes.
The artist duo collected audio recordings of the members, which was then matched with recordings of the neighbourhood sounds. In addition, Deann and Felikinesis used drawings and serigraphy to create portraits of the participants. Finally, the public was invited to immerse themselves in a soundscape and visual landscape to celebrate the memories and stories of these participants, through the presentation of the artists’ creation in the Mackenzie-King Park on the occasion of the Pista sa Nayon community festival on July 14, 2019, organized annually by the Filipino Association of Montreal and Suburbs Inc. (FAMAS). This park is also the site of a bronze bust honouring Dr. José Rizal, a major figure of the Philippines independence movement.
Kamissa Ma Koïta
Project Burgundy
June 29 to August 4, 2019
Photos credits: Jean-Michael Seminaro and Camille Larivée
The multidisciplinary Malian artist Kamissa Ma Koïta offered a new take on the history of Black communities in the Little Burgundy neighbourhood from a decolonial perspective. Black communities began to move to the neighbourhood at the end of the 19th century, in particular due to proximity to the Canadian Pacific construction shops, where a majority of its community members worked. A municipal urban renewal program in the neighbourhood during the 1960s forced the dispersion and isolation of thousands of Black families. Today, Little Burgundy is still experiencing gentrification, a phenomenon that increases visible borders between Black communities and urban spaces.
Project Burgundy provided a reflection of stories of Black bodies and identities that have been erased and made invisible through the decades. Kamissa Ma Koïta invited members of these communities to walk with him in public spaces of the neighbourhood. These collective tours was an opportunity to build new relationships, while offering an affective and corporal experience of space that encourage the raising of questions about urban planning today. Based on archival research and documentation on the history of Black communities in the Little Burgundy, as well as discussions with participants, Kamissa created a psycho-geographic map that has been installed at the Iberville Square, a park with a symbolic connotation for the residents of the neighbourhood. This map is an effort to recognize the geographic and social changes of the neighbourhood; the exercise also address toponymy by highlighting the representativeness and the cultural contribution of Black communities in the history of Little Burgundy. Project Burgundy united the voices of citizens whose words we hear all too rarely and recognize their strength and resistance.
ODAYA
Performances Serie
July 2-8, 2019
Photos credit: Jean-Michael Seminaro
Based in Montreal, ODAYA is a Two-Spirit, women, and non binary Indigenous artists and musicians well known for their concerts and performances that celebrate the richness of Indigenous cultures on Turtle Island (so-called Canada). The name Odaya comes from the word odemin, which means “strawberry” in the Anishinaabemowin language. It is translated in English by “fruit of the heart” due to the form of the berry when it is sliced in two parts. The love and kinship shared among Two-spirit, Indigenous women, and non binary folks are at the heart of the performance work of this group. ODAYA participates in activities and demonstrations that raise public awareness of First Nations’ rights and calls for Indigenous spaces in Montreal that have been rendered invisible. In this spirit of re-appropriation and reclamation of erased urban Indigenous spaces, the collective created two performances in the Verdun borough.
Verdun is a historically important territory for Indigenous communities due to the ancestral practice of trade—which is based on the importance of creating, maintaining and celebrating relationships between nations. Today, Verdun is home to an important portion of Montreal’s Indigenous, Métis and Inuit residents. Surrounded by the Lachine Canal and the Saint-Lawrence River, the neighbourhood evolves with the moving memories of these waters and the rhythm of stories. ODAYA addresses sovereignty of Indigenous bodies, land stories, and shared knowledges within their performances. They invite people to gather, connect and rethink common western knowledges. By sharing traditional Indigenous songs and stories, ODAYA continues the intergenerational work to activate the living memories of Indigenous communities.
Kama La Mackerel
Parc-Extension: A cartography of feelings
July 25 to August 1, 2019
Photos credit: Jean-Michael Seminaro
Multidisciplinary Mauritian-Canadian artist Kama La Mackerel, who is a resident of the Parc-Extension neighbourhood, invited citizens to explore the physical, emotional and social realities of gentrification with the project Parc-Extension: A cartography of feelings. Adjacent to University de Montreal’s new campus MIL, this multicultural neighbourhood is grappling with a shortage of affordable housing and “is also one of the ‘poorest’ in Quebec. […] Almost 1,000 households in Parc-Ex are on the OMHM housing waiting list.” This stark reality is forcefully expelling many residents from the neighbourhood, particularly the most vulnerable families, which face racism and the consequences of capitalism. In these cases, the concept of “home” corresponds to a space needing strong protection, which creates a general feeling of powerlessness, but also reinforces actions of community resistance and solidarity. It can also count on the support of several community organizations who are fighting for affordable housing.
Parc-Extension: A cartography of feelings is a series of workshops facilitated by Kama La Mackerel. It gave a voice to Parc-Extensions’ residents in order to make sharing stories and testimonies easier. Everyone was invited to draw on their lives and memories by rethinking their emotional connections with the public spaces of their neighbourhood. Parc-Extension & Us: Open Mic Against Gentrification was then organized during an afternoon at the Jean-Talon’s metro station’s Place de la Gare where the public and local community were invited to share their poetry and spoken words performances. This collective and movable project allowed for new discussions on the story of Parc-Extension’s current gentrification resistance.















